Orthographe : dans quels cas écrire « vous en ferez » ?

La forme « vous en ferez » correspond au futur simple du verbe faire, conjugué à la deuxième personne du pluriel, accompagné du pronom « en ». Ce pronom remplace un complément introduit par « de » déjà mentionné dans la phrase ou le contexte.

Comprendre cette forme suppose de maîtriser trois mécanismes : la conjugaison du futur simple de « faire », le rôle du pronom « en » et la différence avec des formes proches qui prêtent à confusion.

A lire en complément : La vie en 2026 : une projection dans le futur

Conjugaison de « faire » au futur simple : le radical irrégulier « fer- »

Le verbe « faire » ne suit pas le modèle régulier au futur simple. Là où un verbe du premier groupe conserve son infinitif comme base (parler → parlerai), « faire » adopte le radical irrégulier « fer- ». Les terminaisons restent standard : -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont.

La conjugaison complète donne : je ferai, tu feras, il fera, nous ferons, vous ferez, ils feront. La forme « vous ferez » porte donc la terminaison -ez, caractéristique de la deuxième personne du pluriel à tous les temps simples de l’indicatif.

A découvrir également : Mettre sa moto dans un train en Europe : est-ce possible ?

Une erreur fréquente consiste à écrire « vous fairez » ou « vous faisez », par analogie avec l’infinitif ou le présent. Ces formes n’existent pas. Le radical « fer- » s’applique à toutes les personnes du futur simple sans exception.

Professeur de français au tableau blanc écrivant une conjugaison verbale devant une salle de classe de lycée

Rôle du pronom « en » dans « vous en ferez »

Le pronom « en » se place devant le verbe conjugué et remplace un groupe nominal introduit par « de » ou un article partitif. Dans « vous en ferez », il reprend un élément déjà évoqué.

Prenons un exemple concret : « Il faudra des efforts, mais vous en ferez. » Ici, « en » remplace « des efforts ». La phrase équivaut à « vous ferez des efforts », mais évite la répétition.

Autre cas : « Des erreurs, vous en ferez sans doute au début. » Le pronom « en » renvoie à « des erreurs », placé en tête de phrase pour l’emphase. Cette construction, dite dislocation à gauche avec reprise pronominale, est courante à l’oral comme à l’écrit.

Trois contextes où « vous en ferez » apparaît naturellement

  • Reprise d’un nom précédé de « de » ou d’un partitif : « Du sport, vous en ferez trois fois par semaine. »
  • Réponse à une question implicite : « Des progrès ? Vous en ferez si vous pratiquez régulièrement. »
  • Construction avec un complément de quantité : « Vous en ferez autant que nécessaire » (« en » reprend l’objet mentionné avant).

Confusion fréquente : « je vous ferai » ou « je vous ferez » ?

La séquence « vous ferez » au futur simple ne pose pas de difficulté quand « vous » est sujet. Le piège surgit quand « vous » est complément d’objet et que le sujet est « je ».

Dans « je vous ferai parvenir le document », le sujet est « je ». Le verbe se conjugue donc à la première personne du singulier : je ferai, avec la terminaison -ai. Écrire « je vous ferez » est une faute, parce que -ez est la marque de « vous » sujet, pas de « vous » complément.

Le test est simple : identifier le sujet du verbe. Si c’est « je » qui agit, la terminaison est -ai. Si c’est « vous » qui agissez, la terminaison est -ez.

  • « Je vous ferai signe demain. » → sujet = je → terminaison -ai
  • « Vous ferez le nécessaire. » → sujet = vous → terminaison -ez
  • « Vous en ferez bon usage. » → sujet = vous → terminaison -ez

« Vous en ferez » et « vous en ferez faire » : deux sens différents

Une nuance souvent ignorée concerne la distinction entre « faire » comme verbe plein et « faire » comme auxiliaire causatif. Les deux constructions coexistent avec le pronom « en », mais leur sens diverge nettement.

« Des affiches, vous en ferez » signifie que vous réaliserez vous-même les affiches. Vous êtes l’auteur de l’action.

« Des affiches, vous en ferez faire » signifie que vous commanderez les affiches à un tiers. Vous déléguez la réalisation. Le second « faire » est à l’infinitif et introduit l’agent réel de l’action.

Comment choisir entre les deux tournures

La question à se poser est directe : qui réalise concrètement l’action ? Si vous agissez vous-même, « vous en ferez » suffit. Si quelqu’un d’autre exécute à votre demande, la construction causative « vous en ferez faire » s’impose.

Cette distinction n’est pas qu’un point de grammaire. Dans un contexte professionnel, écrire « vous en ferez » au lieu de « vous en ferez faire » peut laisser entendre que le destinataire devra s’en charger personnellement, ce qui change la portée du message.

Jeune homme relisant un texte sur son ordinateur portable avec un guide de grammaire française ouvert à côté de lui dans un appartement moderne

Astuce pour ne plus hésiter sur l’orthographe de « vous en ferez »

Remplacer mentalement « faire » par un verbe du premier groupe aide à vérifier la terminaison. Avec « chanter » : « vous en chanterez » sonne naturel au futur, la terminaison -ez confirme que le sujet est bien « vous ».

Si la phrase devient « je vous chanterai une chanson », la terminaison bascule à -ai parce que le sujet a changé. Le sujet du verbe détermine toujours la terminaison, jamais le pronom complément placé devant.

Quant au pronom « en », sa présence ne modifie ni la conjugaison ni l’orthographe du verbe. Il se glisse entre le sujet et le verbe sans affecter la terminaison. « Vous ferez » et « vous en ferez » portent exactement la même forme verbale.

Retenir ce principe suffit à éviter la grande majorité des erreurs sur cette forme : repérer le sujet, appliquer la terminaison qui lui correspond, et traiter « en » comme un élément transparent pour la conjugaison.

Nos recommandations