La forme « vous en ferez » correspond au futur simple du verbe faire, conjugué à la deuxième personne du pluriel, accompagné du pronom « en ». Ce pronom remplace un complément introduit par « de » déjà mentionné dans la phrase ou le contexte.
Comprendre cette forme suppose de maîtriser trois mécanismes : la conjugaison du futur simple de « faire », le rôle du pronom « en » et la différence avec des formes proches qui prêtent à confusion.
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Conjugaison de « faire » au futur simple : le radical irrégulier « fer- »
Le verbe « faire » ne suit pas le modèle régulier au futur simple. Là où un verbe du premier groupe conserve son infinitif comme base (parler → parlerai), « faire » adopte le radical irrégulier « fer- ». Les terminaisons restent standard : -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont.
La conjugaison complète donne : je ferai, tu feras, il fera, nous ferons, vous ferez, ils feront. La forme « vous ferez » porte donc la terminaison -ez, caractéristique de la deuxième personne du pluriel à tous les temps simples de l’indicatif.
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Une erreur fréquente consiste à écrire « vous fairez » ou « vous faisez », par analogie avec l’infinitif ou le présent. Ces formes n’existent pas. Le radical « fer- » s’applique à toutes les personnes du futur simple sans exception.

Rôle du pronom « en » dans « vous en ferez »
Le pronom « en » se place devant le verbe conjugué et remplace un groupe nominal introduit par « de » ou un article partitif. Dans « vous en ferez », il reprend un élément déjà évoqué.
Prenons un exemple concret : « Il faudra des efforts, mais vous en ferez. » Ici, « en » remplace « des efforts ». La phrase équivaut à « vous ferez des efforts », mais évite la répétition.
Autre cas : « Des erreurs, vous en ferez sans doute au début. » Le pronom « en » renvoie à « des erreurs », placé en tête de phrase pour l’emphase. Cette construction, dite dislocation à gauche avec reprise pronominale, est courante à l’oral comme à l’écrit.
Trois contextes où « vous en ferez » apparaît naturellement
- Reprise d’un nom précédé de « de » ou d’un partitif : « Du sport, vous en ferez trois fois par semaine. »
- Réponse à une question implicite : « Des progrès ? Vous en ferez si vous pratiquez régulièrement. »
- Construction avec un complément de quantité : « Vous en ferez autant que nécessaire » (« en » reprend l’objet mentionné avant).
Confusion fréquente : « je vous ferai » ou « je vous ferez » ?
La séquence « vous ferez » au futur simple ne pose pas de difficulté quand « vous » est sujet. Le piège surgit quand « vous » est complément d’objet et que le sujet est « je ».
Dans « je vous ferai parvenir le document », le sujet est « je ». Le verbe se conjugue donc à la première personne du singulier : je ferai, avec la terminaison -ai. Écrire « je vous ferez » est une faute, parce que -ez est la marque de « vous » sujet, pas de « vous » complément.
Le test est simple : identifier le sujet du verbe. Si c’est « je » qui agit, la terminaison est -ai. Si c’est « vous » qui agissez, la terminaison est -ez.
- « Je vous ferai signe demain. » → sujet = je → terminaison -ai
- « Vous ferez le nécessaire. » → sujet = vous → terminaison -ez
- « Vous en ferez bon usage. » → sujet = vous → terminaison -ez
« Vous en ferez » et « vous en ferez faire » : deux sens différents
Une nuance souvent ignorée concerne la distinction entre « faire » comme verbe plein et « faire » comme auxiliaire causatif. Les deux constructions coexistent avec le pronom « en », mais leur sens diverge nettement.
« Des affiches, vous en ferez » signifie que vous réaliserez vous-même les affiches. Vous êtes l’auteur de l’action.
« Des affiches, vous en ferez faire » signifie que vous commanderez les affiches à un tiers. Vous déléguez la réalisation. Le second « faire » est à l’infinitif et introduit l’agent réel de l’action.
Comment choisir entre les deux tournures
La question à se poser est directe : qui réalise concrètement l’action ? Si vous agissez vous-même, « vous en ferez » suffit. Si quelqu’un d’autre exécute à votre demande, la construction causative « vous en ferez faire » s’impose.
Cette distinction n’est pas qu’un point de grammaire. Dans un contexte professionnel, écrire « vous en ferez » au lieu de « vous en ferez faire » peut laisser entendre que le destinataire devra s’en charger personnellement, ce qui change la portée du message.

Astuce pour ne plus hésiter sur l’orthographe de « vous en ferez »
Remplacer mentalement « faire » par un verbe du premier groupe aide à vérifier la terminaison. Avec « chanter » : « vous en chanterez » sonne naturel au futur, la terminaison -ez confirme que le sujet est bien « vous ».
Si la phrase devient « je vous chanterai une chanson », la terminaison bascule à -ai parce que le sujet a changé. Le sujet du verbe détermine toujours la terminaison, jamais le pronom complément placé devant.
Quant au pronom « en », sa présence ne modifie ni la conjugaison ni l’orthographe du verbe. Il se glisse entre le sujet et le verbe sans affecter la terminaison. « Vous ferez » et « vous en ferez » portent exactement la même forme verbale.
Retenir ce principe suffit à éviter la grande majorité des erreurs sur cette forme : repérer le sujet, appliquer la terminaison qui lui correspond, et traiter « en » comme un élément transparent pour la conjugaison.

