On reçoit un courrier de la SAS Huissiers Réunis, le ton est pressant, les montants semblent gonflés, et le réflexe est soit de payer immédiatement, soit de tout ignorer. Ces deux réactions sont les pires. Comprendre ce que ce cabinet peut réellement faire, et surtout ce qu’il ne peut pas faire, permet d’éviter des erreurs coûteuses face à une procédure de recouvrement.
Frais de dossier facturés par le cabinet : une pratique contestable
Avant même de parler de harcèlement, un piège concret mérite toute l’attention. Beaucoup de personnes contactées par la SAS Huissiers Réunis découvrent sur leur décompte des lignes intitulées « frais de dossier », « frais de traitement » ou formulations équivalentes. On paie sans réfléchir, par peur d’aggraver la situation.
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La réglementation est pourtant claire sur ce point : les frais de recouvrement amiable restent à la charge du créancier, pas du débiteur. Aucun cabinet de recouvrement n’a le droit de vous facturer ces frais à ce stade. Si votre décompte inclut ce type de ligne, vous pouvez la contester par écrit et demander un nouveau décompte détaillé sans ces montants.
Cette précision change la donne. Sur une petite dette, les frais ajoutés peuvent représenter une part significative du total réclamé. Vérifier le décompte ligne par ligne avant tout paiement, c’est la première action concrète à poser.
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Courrier simple, e-mail ou SMS : pas de saisie sans titre exécutoire
Le mot « huissier » dans un courrier provoque un stress immédiat. On imagine une saisie sur compte, un passage au domicile, des biens embarqués. Dans la grande majorité des cas, la réalité est très différente.
Un point à retenir : sans titre exécutoire, un cabinet ne peut procéder à aucune saisie. Un titre exécutoire, c’est un jugement, une ordonnance d’injonction de payer non contestée, ou un acte notarié revêtu de la formule exécutoire. Un simple courrier, un e-mail ou un SMS n’en est pas un.
Quand la SAS Huissiers Réunis vous contacte par ces canaux, on est dans le cadre du recouvrement amiable. Le ton peut être ferme, les formulations impressionnantes, mais la menace de saisie imminente sans titre exécutoire préalable n’a aucune base légale. Demandez systématiquement la copie de ce titre. Si le cabinet ne peut pas le produire, vous savez exactement où vous en êtes.
Appels répétés et pression : la frontière entre relance et harcèlement
Des appels quotidiens, parfois plusieurs fois par jour. Des messages vocaux au ton menaçant. Des SMS le week-end. Plusieurs personnes décrivent ce type de pratiques de la part de cabinets de recouvrement, et la SAS Huissiers Réunis revient régulièrement dans ces témoignages.
Ce qui constitue du harcèlement téléphonique
La loi ne fixe pas un nombre précis d’appels à partir duquel on bascule dans le harcèlement. En revanche, des appels répétés dans l’intention de troubler la tranquillité d’une personne relèvent du Code pénal. Le caractère répétitif et la pression psychologique sont les critères retenus par les tribunaux.
L’erreur la plus fréquente : répondre aux appels et tenter de négocier oralement. Par téléphone, aucune trace exploitable. Toute discussion orale peut être déformée ou oubliée.
Constituer un dossier de preuves exploitable
Pour faire cesser ces pratiques, on a besoin d’éléments concrets. Voici ce qu’il faut rassembler :
- Les captures d’écran du journal d’appels avec dates, heures et fréquence, pour démontrer le caractère répétitif des sollicitations
- Les SMS et e-mails reçus, conservés sans modification, qui servent de preuve écrite du ton employé et des menaces éventuelles
- Les courriers papier, avec leurs enveloppes (le cachet postal compte), pour établir la chronologie des relances
- Un relevé écrit de chaque échange, même refusé : date, heure, contenu résumé, nom de l’interlocuteur si communiqué
Ce dossier servira si vous déposez une plainte ou si vous saisissez la Chambre des commissaires de justice. Sans preuves, une réclamation reste une déclaration sans suite.
Prescription de la dette : vérifier avant de reconnaître quoi que ce soit
On nous réclame une dette ancienne, parfois liée à un abonnement oublié ou un crédit soldé depuis longtemps. Le réflexe de « payer pour être tranquille » peut coûter cher, car reconnaître une dette même partiellement relance le délai de prescription.
Pour les dettes liées à un crédit à la consommation, le délai de prescription est de deux ans. Passé ce délai sans acte interruptif (reconnaissance de dette, paiement partiel, assignation en justice), le créancier ne peut plus obtenir de condamnation.
Avant de répondre à un courrier de la SAS Huissiers Réunis, la première chose à vérifier est la date de la dernière facture impayée ou du dernier paiement. Si le délai est dépassé, mentionnez-le par écrit dans votre réponse. Ne téléphonez pas pour en discuter, ne payez pas « un petit quelque chose » en signe de bonne foi. Ce geste relancerait le compteur.
Recours concrets contre les pratiques abusives d’un cabinet de recouvrement
Quand les relances persistent malgré vos demandes écrites, plusieurs leviers existent.
- Envoyer une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception demandant l’arrêt des contacts téléphoniques et exigeant que tout échange passe désormais par écrit
- Saisir la Chambre départementale des commissaires de justice, qui peut engager une procédure disciplinaire si les pratiques sont avérées
- Déposer une plainte au pénal pour harcèlement téléphonique si les appels persistent après mise en demeure, en joignant le dossier de preuves constitué
- Saisir le juge de l’exécution si une saisie a été pratiquée alors que vous contestez la dette ou le titre exécutoire
Un point souvent négligé : depuis le 1er juillet 2022, les huissiers de justice sont devenus commissaires de justice. Ce changement de statut implique des obligations déontologiques renforcées. Mentionner ce cadre dans vos courriers montre que vous connaissez vos droits, ce qui modifie souvent le ton des échanges.

Face à un cabinet de recouvrement qui pousse, la meilleure protection reste l’écrit. Chaque échange oral est une occasion de dire quelque chose d’exploitable contre vous. Chaque courrier recommandé envoyé par vos soins est une pièce au dossier. La panique profite au créancier, la méthode protège le débiteur.

