Famille

Trouble de santé mentale couramment observé chez les enfants

Un enfant sur huit : voilà la réalité brute, froide, que pose l’Organisation mondiale de la santé. Avant même d’avoir soufflé leurs bougies d’adolescent, ils sont déjà des millions à composer avec un trouble psychologique. Pourtant, bien trop souvent, les premiers signaux s’égrènent dans l’ombre ; les diagnostics tardent, les familles s’épuisent à donner du sens à des comportements qui déconcertent. Dans les salles d’attente, parents et soignants se confrontent à des tableaux cliniques mouvants, modelés par l’âge, l’environnement, l’histoire de chaque enfant.

La recherche médicale ne cesse d’alerter : plus l’identification est rapide, plus l’avenir s’éclaircit. Pour y parvenir, l’accompagnement doit conjuguer évaluation médicale, soutien psychologique et interventions éducatives, sans jamais laisser de côté l’entourage de l’enfant.

Comprendre les troubles psychologiques les plus fréquents chez les enfants et les adolescents

Derrière chaque diagnostic se dessine le profil singulier d’un enfant, mais un point commun demeure : ces difficultés pèsent lourd sur le quotidien. Selon le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) concentre la plus forte prévalence. Difficile de passer à côté : agitation permanente, inattention, impulsivité qui déborde du cadre scolaire jusqu’à la maison. Selon les enquêtes de grande ampleur, près de 5 % des enfants d’âge scolaire sont concernés, une réalité confirmée sur plusieurs continents.

Arrivent ensuite les troubles anxieux, souvent tapis dans le silence. Peurs persistantes, anxiété de séparation qui crispe chaque matin, peur panique de s’exposer aux regards des autres. Le retrait ou le repli, parfois imperceptible, peuvent masquer une vraie souffrance. Quant à la dépression, elle ne ressemble pas forcément à ce qu’on imagine : irritabilité, crise d’opposition, perte d’intérêt, fatigue. Plus rare, le trouble bipolaire bouleverse l’équilibre familial en alternant phases d’euphorie débordante et périodes de découragement durable.

Pour synthétiser, voici une présentation claire des troubles qui reviennent souvent lors des consultations :

  • TDAH : agitation constante, manque de concentration, beaucoup d’impulsivité
  • Troubles anxieux : peurs envahissantes, stratégies multiples pour éviter certaines situations, plaintes physiques sans cause médicale décelée
  • Dépression : tristesse, détachement, troubles du sommeil, irritabilité qui surprend
  • Trouble bipolaire : alternance de moments d’excitation et de phases de repli profond

L’étendue de ces troubles place les équipes médicales face à des défis de taille : actualiser sans cesse leurs connaissances, rendre le diagnostic accessible, disposer de ressources suffisantes. Les données nationales mais aussi internationales sont concordantes : un jeune sur cinq connaîtra une difficulté psychologique avant l’âge adulte. Plus la détection est précoce, plus le quotidien de l’enfant s’allège, plus la prise en charge peut s’affiner et s’ajuster.

Quels signes doivent alerter ? Symptômes, évaluation et traitements recommandés

Être attentif à un trouble de santé mentale couramment observé chez les enfants suppose de garder l’œil ouvert, même face à des changements qui semblent anodins. Certains signes reviennent régulièrement, quelle que soit la situation : irritabilité durable, colères à répétition, chute des notes, retrait progressif, nuits troublées qui s’accumulent. Le TDAH, quant à lui, saute aux yeux par une agitation motrice persistante, des oublis fréquents et une impulsivité marquée parfois dès les premières années d’école.

Pour les troubles de l’humeur, ce sont l’anxiété tenace, la tristesse ou la démotivation qui perdurent, mettant la famille sous pression. La dépression infantile se signale par des conduites d’évitement ou de plaintes physiques répétées, tandis que le trouble bipolaire alterne périodes d’hyperactivité et moments de profond désarroi, parfois confondus avec une simple instabilité.

Dès que ces signaux prennent racine, mieux vaut consulter un médecin ou un expert en santé mentale de l’enfant. L’évaluation allie observation au long cours, entretiens ciblés et outils spécialisés élaborés en psychiatrie de l’enfant, comme des questionnaires normés ou l’appui du DSM-5. Souvent, la collaboration s’étend à l’école, à la famille et aux professionnels du secteur.

Plusieurs options thérapeutiques sont envisageables et peuvent être associées en fonction du trouble et de sa gravité. Voici les dispositifs les plus courants :

  • Psychothérapies, notamment cognitivo-comportementales, ou séances en famille pour soutenir les interactions
  • Accompagnement éducatif visant à faciliter l’intégration scolaire et la vie sociale
  • Médicaments adaptés, pour les situations complexes et après une réflexion partagée entre famille et professionnels

Les approches se construisent sur mesure. Chaque enfant avance à son rythme, accompagné par des professionnels qui connaissent ses antécédents et adaptent les interventions. Cette alliance permet de mieux doser les soutiens, qu’ils soient thérapeutiques, éducatifs ou sociaux.

Soutenir l’enfant et sa famille : ressources, accompagnement et rôle des professionnels

S’occuper d’un enfant présentant un trouble de santé mentale couramment observé chez les enfants, c’est avant tout sortir les familles de l’isolement. Parents, enseignants, médecins généralistes, travailleurs sociaux : chacun peut devenir maillon fort de ce réseau de vigilance et de soutien. Le casse-tête des démarches, de la première consultation aux suivis ponctués d’attente, nécessite d’être guidé, entouré, rassuré.

Au quotidien, il existe plusieurs relais pour accompagner efficacement. Voici les ressources que les familles mobilisent le plus souvent :

  • Consultations spécialisées : pédopsychiatres, psychologues, équipes de centres médico-psychologiques ou structures dédiées aux adolescents, organisent des bilans croisés et accompagnent sur la durée
  • Accompagnement familial : participation à des groupes d’échanges, ateliers à destination des proches, association d’entraide pour mutualiser les expériences et construire des réponses adaptées
  • Interventions scolaires : adaptations pédagogiques, déploiement de Projet d’Accueil Individualisé, collaboration renforcée avec les acteurs de santé mentale intervenant dans l’établissement

La mobilisation des professionnels de santé mentale gagne en efficacité avec une vision partagée. Psychologues, spécialistes, éducateurs, infirmiers ou orthophonistes mettent en commun leurs expertises pour bâtir une réponse personnalisée à la gravité du trouble. Le parcours s’enrichit d’un soutien psychologique, parfois d’une guidance parentale, d’une psychothérapie qui s’inscrit dans la durée, ou d’un traitement adapté et étroitement suivi. Les dernières enquêtes montrent que l’activité physique, désormais prescrite pour ses bénéfices sur l’estime de soi, s’ajoute progressivement à ces dispositifs de soin global.

Devant cette mosaïque de symptômes et de besoins, chaque geste, chaque mobilisation collective est un pas en avant. Les enfants n’ont pas besoin qu’on parle à leur place : ils attendent d’être entendus vraiment, pour cesser de traverser seuls ce que leurs attitudes et leurs silences ne savent parfois qu’effleurer.