Mode

Habillement masculin des années 1920 : une étude de style

La cravate club, pourtant réservée initialement aux membres d’associations britanniques, s’impose dans les vestiaires urbains dès 1922, détournant ses codes exclusifs. Porter un gilet sans veste relève alors d’une faute de goût, tandis que la flanelle grise grimpe en popularité, déclassant les tissus sombres traditionnels.Cette décennie voit l’apparition du pantalon à pinces, longtemps jugé excentrique, avant d’être adopté par les tailleurs de Savile Row. Les contrastes entre rigueur vestimentaire et expérimentations inattendues marquent une période charnière pour les garde-robes masculines.

Pourquoi les années 1920 ont marqué un tournant dans l’élégance masculine

Au sortir de la Première Guerre mondiale, la mode masculine opère un basculement inédit. La silhouette gagne en légèreté, les matières se libèrent des carcans précédents. Fini l’obsession de la raideur : l’homme moderne recherche du confort, tout en préservant une certaine prestance. Les textiles, plus souples, épousent la course effrénée d’une société urbaine qui accélère sans cesse.

Le chapeau, loin d’être anodin, s’impose comme le signal immédiat d’une classe sociale : haut-de-forme synonyme de grand monde, fedora ou melon pour la bourgeoisie, casquette plate qui s’impose sur les trottoirs populaires. Paris et Londres deviennent les théâtres d’une explosion visuelle : l’habit traditionnel ne fait plus loi unique. Le vestiaire s’ouvre à mille excentricités.

L’automobile surgit, la pratique du golf, des courses et des jeux d’extérieur conquiert la jeunesse, bouleversant la garde-robe. Les Plus-Fours filent des parcours vers la ville. L’ivy style, venu d’outre-Atlantique, glisse sur les épaules françaises avec ses matières décontractées, bientôt récupérées par les tailleurs. Le vêtement masculin devient alors signe d’ambition, d’émancipation, d’audace assumée.

Quels étaient les essentiels du vestiaire masculin durant la décennie ?

Impossible d’imaginer les années 1920 sans le fameux costume trois pièces. Veste structurante, gilet ajusté, pantalon taille haute : tout conspire à dessiner une silhouette racée. Les matières vedettes, laine, flanelle, tweed, misent sur la douceur et distinguent le citadin de la masse. Les coupes s’assouplissent doucement, le col descend, l’épaule s’assagit : on cherche la fluidité.

La chemise blanche à col droit se glisse sous la veste, relevée d’une cravate nouée ou d’un nœud papillon. Bannir l’accessoire ? Impensable. Bretelles pour tenir la ligne, boutons de manchette qui marquent l’appartenance, pochette pour le clin d’œil final : chaque détail compte, aucun ne relève de l’anecdotique.

Voici une sélection des pièces phares présentes dans le vestiaire masculin à l’époque :

  • Chapeau : que ce soit le fedora, le canotier, le haut-de-forme ou la casquette plate, chaque modèle affiche le style ou la profession de celui qui le porte.
  • Chaussures : Oxford, brogues, Spectator bicolores, derbies ou richelieu témoignent du caractère affirmé de leur propriétaire.
  • Tenues de soirée : smoking noir ou bleu nuit, chemise blanche soignée, nœud papillon, la panoplie formelle s’impose lors des grands rendez-vous.
  • Vêtements de loisir : Plus-Fours, chaussettes à motif, pull Fair Isle, ces pièces apportent un esprit sport à la ville.

D’une profession à l’autre, les vêtements s’ajustent : croisé foncé pour la finance, tweed robuste pour l’intellect, casquette Gavroche pour les artistes libres. À travers chaque tenue se lit une trajectoire et une ambition claire.

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Des influences d’hier à aujourd’hui : comment le style des années 20 inspire encore la mode contemporaine

L’héritage des années 1920 ne reste pas prisonnier dans les livres d’histoire. Il habille nos rues, inspire les podiums, nourrit la créativité des ateliers comme les imaginaires du cinéma. Les lignes croisées, les rayures affirmées, le feutre baissé sur le front : nombre de maisons s’inspirent de ces symboles intemporels pour offrir à l’élégance masculine un souffle neuf. Des costumes structurés aux vestes à larges revers, la déférence au passé ne vire jamais à l’imitation pure. Elle dynamite les codes, propose constamment des réinventions.

L’aura des gangsters chics, façon Al Capone ou Jay Gatsby, fait son retour, portée par la série télé et le cinéma. Les chaussures contrastées, la cravate en soie, l’épingle éclatante deviennent autant de signes de caractère. On voit refleurir ici le pantalon taille haute, là le tweed patiné, ailleurs une veste qui allonge la ligne. La nostalgie des années folles se croise à la recherche d’un style bien tranché.

Que l’on soit passionné de vintage ou amateur d’ivy style, on retrouve aujourd’hui ce goût du détail bien fait, de la coupe soignée, du contraste entre tradition et progression. Choisir un vêtement d’inspiration 1920, c’est s’inscrire dans une histoire, refuser les tenues anonymes, remettre du relief et de l’audace dans la vie vestimentaire. L’élégance des années vingt ne faiblit pas : sur le miroir du présent, le reflet d’hier trace déjà de nouvelles lignes pour demain.