Congés maladie et génération Z : une tendance en hausse
30 % d’augmentation en quatre ans. Ce chiffre ne sort pas d’un rapport confidentiel : il vient tout droit des statistiques publiques de l’Assurance Maladie. Parmi les salariés de moins de 26 ans, le taux d’absentéisme pour raisons médicales explose. Aucun secteur épargné, tous les types de contrat concernés, du CDI à l’intérim, du CAP au master. Les anciens motifs physiques cèdent la place à une réalité plus brute : les troubles psychologiques deviennent la première cause d’arrêts dans cette tranche d’âge. Les entreprises, de leur côté, voient les attentes de leurs jeunes salariés bouger à une vitesse inédite. Flexibilité, équilibre entre vie professionnelle et personnelle, recherche d’un sens nouveau au travail, la génération Z impose ses propres codes.
Plan de l'article
Congés maladie chez la génération Z : une progression qui interroge
Le sujet n’a rien d’anecdotique : la hausse des congés maladie chez les jeunes ne faiblit pas. Malakoff Humanis observe un bond de 54 % du taux d’absentéisme pour raisons de santé chez les moins de 30 ans entre 2019 et 2022. Cela alors que la poussée reste bien plus modérée chez leurs aînés. Aujourd’hui, les jeunes actifs prennent davantage d’arrêts maladie que la moyenne nationale. La France n’est pas un cas isolé : Eurostat relève la même tendance en Belgique.
Ce mouvement redistribue les cartes dans les entreprises. Des DRH témoignent : le rapport à l’emploi change. Les jeunes de la génération Z aspirent à un équilibre inédit, refusent certains sacrifices consentis par les générations précédentes, et remettent en question la frontière entre vie professionnelle et santé. Ils posent clairement la question des risques psychosociaux et du bien-être, et exigent des réponses concrètes.
Pour illustrer cette progression, voici quelques indicateurs-clés :
- Absenteïsme Malakoff Humanis : +54 % chez les moins de 30 ans en trois ans
- Arrêts maladie : durée moyenne en hausse, retour au travail repoussé
- Jeunes : premières victimes de la montée des troubles psychologiques
L’actualité sociale le confirme : les syndicats s’alarment de la montée des arrêts maladie chez les jeunes salariés et appellent à repenser l’organisation du travail. Du côté des employeurs, un dilemme émerge : comment préserver la dynamique collective alors qu’une génération affirme haut et fort son besoin de préserver sa santé, sans négociation possible ?
Quelles réalités derrière l’absentéisme des jeunes actifs ?
L’augmentation des arrêts maladie chez les jeunes actifs obéit à une logique implacable. Les données de Malakoff Humanis croisées avec les analyses de l’Institut Montaigne pointent un malaise profond : la santé mentale des salariés de la génération Z vacille. Les arrêts pour troubles psychologiques grimpent en flèche chez les moins de 30 ans, touchant autant les cadres que les employés, les femmes comme les hommes. Le travail, dans sa version actuelle, pèse lourd sur l’équilibre psychique.
Autre signe qui ne trompe pas : la durée des arrêts de travail s’allonge année après année. Le rapport met en lumière une souffrance durable, qui ne se limite plus à un simple passage à vide. Le « burn out » n’est plus réservé aux salariés proches de la retraite. Il frappe désormais ceux qui débutent, pris dans un tourbillon d’exigences, de pression continue et d’une impression persistante que le travail détériore la santé mentale et physique. Sophie Godon-Rensonnet, directrice Innovation chez Malakoff Humanis, décrit une génération « très exposée à la détresse psychologique », qui n’hésite plus à solliciter des arrêts maladie pour se protéger.
Voici les points à retenir sur cette nouvelle réalité :
- Santé mentale jeunes : cause dominante de l’absentéisme depuis 2022
- Burn out, détresse psychologique : progression fulgurante chez les moins de 30 ans
- Difficulté à concilier exigence professionnelle et attentes personnelles
Ce constat dépasse les frontières françaises. En Belgique, en Suisse, les mêmes signaux d’alerte remontent. Les expressions revenge quitting ou quiet quitting font désormais partie du décor, illustrant une cassure profonde entre jeunes salariés et monde de l’entreprise. L’absentéisme ne révèle plus seulement une fragilité individuelle : il expose les failles d’un modèle qui, en misant tout sur la performance, sacrifie la santé mentale des nouvelles générations.
Des pistes concrètes pour repenser l’organisation du travail avec la Gen Z
Le message de la génération Z à l’adresse des entreprises ne souffre plus d’ambiguïté. Face à la vague de congés maladie qui les touche, les jeunes travailleurs réclament une transformation en profondeur de l’organisation du travail. La flexibilité s’impose comme un axe majeur : horaires adaptés, télétravail choisi, droit réel à la déconnexion. Les études de Malakoff Humanis et les retours de terrain concordent. Impossible d’improviser la prévention santé : il faut structurer le dialogue, former des référents, ouvrir des espaces d’écoute, mettre la santé mentale au centre du jeu.
Ce que les jeunes attendent va au-delà du discours. Ils veulent que l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle soit respecté dans les faits. Ils attendent de leur encadrement la reconnaissance du temps long, le respect du besoin de repos, des limites nettes. En retour, les managers découvrent qu’une autorité verticale ne fait plus recette. Ce que la génération Z réclame : reconnaissance au quotidien, qualité de l’ambiance de travail, confiance dans l’individu.
Des leviers concrets peuvent être actionnés :
- Aménagement des rythmes : ajuster les horaires, moduler la charge de travail selon les contraintes personnelles.
- Dialogue social renforcé : instaurer de vrais temps d’échange sur les conditions de travail.
- Management bienveillant : valoriser les réussites, soutenir face aux difficultés, s’impliquer dans la prévention des risques psychosociaux.
La qualité de vie au travail s’impose aujourd’hui comme un facteur d’attractivité incontournable. Quand l’entreprise accepte de revoir ses pratiques, les effets sont là : fidélisation accrue, baisse des arrêts maladie, implication retrouvée. Pour la génération Z, le futur se construit dès maintenant.
