Finance

Actifs non investissables : une analyse détaillée

On ne compte plus les milliards qui dorment en dehors des radars institutionnels. Loin des places boursières et des portefeuilles calibrés, certains actifs restent obstinément en marge. Ni la croissance du private equity, ni l’appétit des fonds alternatifs ne parviennent à les faire entrer dans le rang. Les raisons ? Un labyrinthe de règlements, une fiscalité parfois dissuasive, des contraintes opérationnelles qui verrouillent leur accès pour la majorité des investisseurs professionnels.

Des structures juridiques déroutantes, des risques de liquidité qui donnent le vertige, sans oublier l’incertitude chronique sur leur valeur : autant de facteurs qui expliquent pourquoi ces actifs restent à la porte des stratégies d’allocation classiques. Pourtant, ils alimentent sans relâche des débats passionnés et forcent le secteur de la gestion patrimoniale à se réinventer.

Actifs non investissables : de quoi parle-t-on vraiment ?

Quand on évoque les actifs non investissables, il s’agit d’instruments financiers qui échappent à la grande majorité des investisseurs. La raison ? Un enchevêtrement de barrières légales, structurelles, ou simplement la nature même de ces véhicules. Le champ d’application est large : investissement non coté, private equity, fonds de dette privée, fonds d’infrastructures, fonds immobiliers. La liquidité y est rare, l’accès réservé à des initiés capables d’assumer le manque de flexibilité et la complexité de ces placements.

Pour mieux cerner cet univers, voici les principales catégories concernées :

  • Private Equity : prise de participation dans des entreprises non cotées, via des fonds spécialisés, souvent sur plusieurs années.
  • Dette privée : financement d’entreprises ou de projets en dehors des marchés obligataires traditionnels, avec des conditions souvent négociées au cas par cas.
  • Fonds d’infrastructures : investissements dans la construction ou la gestion d’ouvrages publics ou privés, sur des horizons longs et parfois très techniques.
  • Fonds immobiliers : acquisition directe d’actifs physiques ou prise de parts dans des sociétés immobilières non cotées.

Le secteur s’organise autour de véhicules juridiques spécifiques : FCPR (fonds commun de placement à risque), FPCI (fonds professionnel de capital investissement), FPS (fonds professionnel spécialisé), SLP (société de libre partenariat). Chacun répond à des besoins distincts en matière de gouvernance, de flexibilité ou d’accès. Cette mosaïque de structures rend possible une segmentation précise des stratégies, du capital-risque à la dette mezzanine ou au financement de retournement.

L’investissement non coté se décline ainsi en de multiples réalités, toutes caractérisées par un accès restreint, des méthodes de valorisation parfois opaques et une exposition au risque supérieure à celle des marchés cotés. Malgré leur potentiel, ces actifs restent donc à l’écart des circuits traditionnels.

Pourquoi certains actifs échappent-ils à l’investissement traditionnel ?

Au cœur de la différence, il y a la liquidité, ou plutôt son absence. Les fonds non cotés s’imposent par des engagements à long terme, parfois dix ans ou plus. Impossible de revendre sa participation à la première alerte : l’investisseur doit composer avec une visibilité limitée sur la sortie. Cette rigidité ouvre la porte à des perspectives de rendement élevées, mais aussi à des risques bien réels.

Le risque de perte en capital est omniprésent. Les gestionnaires sélectionnent des sociétés ou des projets éloignés des projecteurs boursiers, dont la valorisation évolue au gré de multiples facteurs, parfois imprévisibles. S’ajoute à cela le risque de performance, renforcé par l’incertitude économique ou les imprévus opérationnels. À chaque étape, d’autres facteurs s’invitent : risque opérationnel, risque de valorisation, risque de durabilité. Chacun impacte la performance finale.

Les stratégies de private equity reposent sur des segments bien distincts : capital-risque pour l’innovation, capital-développement pour la croissance, capital-transmission (LBO) pour le rachat, capital-retournement pour les situations complexes. À chaque segment, son expertise, sa méthode d’analyse et ses risques spécifiques. Les équipes de gestion multiplient les angles d’approche : diversification par secteur, par géographie, par nombre de lignes en portefeuille. Le but ? Atténuer la volatilité, sécuriser le rendement.

Le carried interest joue un rôle de catalyseur : si la performance est au rendez-vous, la société de gestion partage les plus-values avec ses investisseurs. Mais rien n’est automatique. Tout dépend de la qualité des équipes, de la pertinence des choix et d’une gestion attentive des risques propres à ces catégories d’actifs.

Jeune homme examinant des pièces de collection au café en ville

Décryptage des enjeux et perspectives autour des actifs non investissables

L’univers des actifs non investissables n’est plus réservé à une poignée d’initiés. De nouvelles solutions, adaptées tant aux investisseurs particuliers qu’aux professionnels, voient le jour. La gestion de patrimoine se transforme à grande vitesse : certains cabinets spécialisés, à l’image de Grisbee Gestion Privée, proposent un accompagnement sur mesure pour appréhender ce secteur exigeant. Leur force ? Une sélection minutieuse de fonds couvrant l’éventail du private equity, de la dette privée, des fonds d’infrastructures et de l’immobilier.

Pour illustrer la diversité et la vitalité du marché, voici quelques exemples concrets de fonds ouverts en Europe et en France :

  • FCPR Apeo (Apax by Seven2) : private equity axé sur la zone Europe.
  • FCPR Eiffel Infrastructures Vertes (Eiffel Investment Group) : investissement dans les infrastructures vertes européennes.
  • FCPR Eurazeo Private Value Europe 3 (Eurazeo) : mix de private equity et de dette privée, ciblant l’Europe.
  • FCPR Tikehau Financement Décarbonation (Tikehau Capital) : dette privée en France, orientée transition énergétique.
  • SCI Territoires Avenir (Arkea REIM) : solutions immobilières sur le territoire européen.
  • SCPI Remake Live (Remake) : immobilier paneuropéen, avec une vocation sociétale affirmée.

Pour accéder à ces fonds, plusieurs voies existent : en direct, ou via des enveloppes d’épargne telles que l’assurance-vie ou le PER. Ce mode d’accès facilite la gestion et permet à un public élargi d’intégrer ces actifs à sa stratégie patrimoniale. Les conseillers en gestion de patrimoine jouent un rôle clé : ils analysent en profondeur la stratégie, la diversification, la structure juridique (FCPR, FPCI, FPS, SLP), la taille du fonds, la politique de frais et le niveau de risque. L’offre devient de plus en plus sophistiquée, ce qui impose de redoubler de vigilance. Pour compléter cet accompagnement, un outil de gestion de patrimoine en ligne offre un suivi individualisé, adapté à chaque situation.

En filigrane, la gestion patrimoniale ne cesse de repousser ses propres limites. Les actifs non investissables, longtemps confinés à l’ombre, s’invitent désormais dans les stratégies les plus audacieuses. Reste à savoir jusqu’où ils pourront transformer la donne et remodeler, demain, le paysage de l’investissement professionnel.