Retraite d’État la plus basse au monde : qui la détient ?
86 euros. C’est la somme qu’un retraité géorgien perçoit chaque mois de l’État. Pas une coquille, pas un montant oublié dans la conversion. À ce niveau, la pension ressemble plus à un symbole qu’à un filet de sécurité. Dans certaines régions du globe, la retraite publique ne protège guère de la précarité : elle s’y contente de signifier l’existence d’une solidarité, sans garantir un quotidien digne.
Là où d’un pays à l’autre, les pensions oscillent du simple au décuple, les écarts n’ont jamais été aussi flagrants. Les raisons se multiplient : règles d’accès, générosité des dispositifs, niveau d’engagement budgétaire… chaque État façonne son modèle, parfois au prix de véritables fractures générationnelles.
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Panorama des systèmes de retraite à travers le monde : diversité et fonctionnement
Les systèmes de retraite dans le monde composent une mosaïque impressionnante. Chaque nation, ou presque, a inventé sa propre mécanique pour assurer la transition vers la « deuxième vie » professionnelle. Cette diversité puise dans l’histoire, la démographie, l’économie, et bien sûr, les choix politiques. Deux grands principes dominent : la répartition et la capitalisation.
Voici, pour mieux comprendre, les fondements qui structurent la retraite à l’échelle internationale :
- La répartition : les actifs actuels contribuent directement au paiement des pensions. C’est le modèle de la France, de l’Espagne ou de l’Allemagne. La solidarité entre générations y est la pierre angulaire : chaque cotisation d’aujourd’hui paie la retraite de ceux qui ont cessé de travailler.
- La capitalisation : chaque travailleur met de côté au fil de sa vie professionnelle. Le montant du capital, placé et géré (souvent par des fonds privés), détermine le niveau de pension. Le Chili, le Royaume-Uni ou encore les États-Unis ont largement adopté cette logique.
Dans la réalité, la plupart des pays mélangent ces deux approches, souvent en superposant différents régimes. L’OCDE en dresse régulièrement le bilan : les écarts de taux de remplacement, c’est-à-dire la part du dernier salaire maintenue à la retraite, sont parfois vertigineux. Aux Pays-Bas, le retraité touche en moyenne 70 % de son revenu d’activité. En Géorgie, on descend sous la barre des 15 %.
Tout repose sur des choix : comment financer, combien demander d’années de cotisation, à quel âge autoriser le départ. D’un côté, l’Europe de l’Ouest, fidèle à la répartition. De l’autre, l’Amérique latine, qui a souvent misé sur la capitalisation. La carte des systèmes de retraite dans le monde raconte autant les priorités collectives que les contraintes budgétaires.
Quel pays détient la retraite d’État la plus basse et pourquoi ?
Comparer les pensions publiques révèle un constat frappant : la retraite d’État la plus basse au monde se trouve en Géorgie. Dans ce petit pays du Caucase, la pension de base plafonne à 80 euros mensuels. Pour des milliers de personnes âgées, la vieillesse rime ainsi avec survie sous le niveau de pauvreté.
Pourquoi une telle situation ? Après la chute de l’URSS, la Géorgie a opté pour un système où la pension minimale est versée sans tenir compte ni des années travaillées, ni du montant cotisé. Faute de régime complémentaire solide, et avec des finances publiques exsangues, les seniors restent exposés à une précarité chronique.
En Europe, certains pays connaissent aussi des taux de remplacement modestes. La Roumanie ou la Bulgarie, par exemple, affichent des chiffres sous les 30 %. En France, ce taux se situe autour de 50 à 60 %, tandis qu’au Portugal, il s’approche de 40 %.
Pour mieux cerner les faiblesses du modèle géorgien, voici les points clés :
- Montant de la pension : 80 euros par mois, soit un minimum à peine symbolique
- Absence de régime complémentaire solide : rien pour améliorer la pension de base
- Financement : budget public très restreint, peu de ressources dédiées
Tout est affaire de capacité à financer : dans les pays où l’activité économique stagne et la population vieillit, le maintien d’un niveau de vie correct pour les retraités devient un défi permanent. Le montant des cotisations versées et les ressources affectées à la protection sociale conditionnent directement la réalité de la retraite.
France et autres pays : comprendre les écarts et les défis à venir
En Europe, la France fait figure de particularité avec son système par répartition : la pension est financée en temps réel par les cotisations des salariés et employeurs. Le taux de remplacement oscille généralement entre 50 et 60 %, soit une position médiane parmi les grands pays développés. Ce modèle, bâti sur la solidarité intergénérationnelle, a longtemps permis de préserver le niveau de vie des retraités. Mais il doit aujourd’hui composer avec des défis profonds.
Les différences entre la France et ses voisins européens s’expliquent par plusieurs paramètres :
- Âge légal de départ : en France, il a été fixé à 64 ans. En Italie ou en Espagne, il peut dépasser 66 ans.
- Démographie : la proportion de retraités augmente, celle des actifs recule. L’équation budgétaire se complique.
- Montant des cotisations versées : d’un pays à l’autre, le niveau de prélèvement varie, influant directement sur les pensions.
La réforme des retraites reste un sujet brûlant. En France, elle suscite régulièrement de vifs débats, preuve de l’attachement collectif au modèle actuel. D’autres pays, comme la Suède, ont opté pour davantage de capitalisation, faisant peser une part plus grande du risque sur les individus et les marchés. Partout, la question demeure : comment garantir à la fois l’équilibre du système et la dignité des futurs retraités ?
Rien n’indique que les écarts de pensions se résorberont à court terme. Pour les générations à venir, la retraite ne sera jamais un acquis, mais un terrain d’ajustements et de décisions collectives. Face à la démographie, à la transformation du travail et aux limites de la solidarité, chaque pays esquisse son propre avenir, entre promesses tenues et incertitudes à affronter.
