Finance

Investissement en période de crise : options et stratégies

Un chiffre brut, sans fard : lors des grandes crises boursières, la peur fait souvent plus de dégâts que les courbes rouges sur les écrans. Les marchés financiers, loin d’afficher la froide rationalité des manuels d’économie, vacillent. Des actifs réputés solides s’effondrent sans prévenir, tandis que certaines valeurs à haut risque prennent soudain des allures de refuges inattendus.

Face à ces tempêtes, les investisseurs institutionnels ne désertent pas toujours le navire. Beaucoup maintiennent leur cap, gardant leur exposition aux actions même dans la tourmente, convaincus que la discipline finit par payer. D’autres, plus prudents, élargissent leur palette de placements ou adoptent des stratégies de protection, acceptant parfois de rogner sur le rendement immédiat pour préserver l’essentiel.

Pourquoi les périodes de crise bouleversent les repères des investisseurs

Quand une crise économique éclate, les repères volent en éclats. Ce n’est pas seulement une question de chiffres : la confiance s’évapore, les certitudes s’effondrent. La volatilité s’empare des marchés financiers, et chaque nouvelle, qu’il s’agisse d’un krach boursier, d’une annonce politique ou d’un choc géopolitique, peut tout faire basculer.

L’inflation s’invite à la fête, réduisant le pouvoir d’achat et érodant la valeur des économies. Les particuliers voient leur épargne perdre de sa substance. Les entreprises, secouées, revoient leurs plans et, parfois, déclenchent des suppressions d’emplois. L’ambiance devient lourde, la récession s’installe, poussant bon nombre d’investisseurs à fuir les actifs risqués pour chercher refuge ailleurs.

Pendant ce temps, les banques centrales, BCE, Fed, agitent le levier des taux d’intérêt dans l’espoir de rassurer les marchés. Mais chaque intervention peut amplifier les secousses, brouillant encore les cartes. Reste alors une question : vers quels actifs se tourner quand les repères s’effacent et que la boussole s’affole ?

Pour mieux cerner l’ampleur du bouleversement, voici les principales menaces qui pèsent sur l’investissement en temps de crise :

  • Crises économiques : elles déstabilisent tous les segments du marché, entraînant des réactions en chaîne.
  • Inflation : elle fragilise la rentabilité des placements sécurisés et grignote l’épargne de précaution.
  • Interventions monétaires : chaque annonce de la BCE ou de la Fed change la donne et redistribue les cartes.

Dans ce climat de défiance, l’investissement en période de crise force à repenser ses choix, à revoir son rapport au risque, et à accepter que rien n’est jamais garanti, ni même durablement prévisible.

Quelles options privilégier pour protéger et faire fructifier son épargne malgré l’incertitude ?

La diversification se pose en garde-fou. Lorsque la crise frappe, elle dilue les risques et permet d’amortir les chocs. Répartir ses avoirs n’a rien d’une coquetterie : c’est un réflexe de survie. Pour illustrer cette démarche, voici les principaux types d’actifs à envisager :

  • actions
  • obligations d’État
  • immobilier
  • or
  • devises

L’or reste une valeur recherchée en période de doute, tout comme l’immobilier et les obligations d’État, prisées pour leur stabilité. Ceux qui misent sur les ETF diversifient à large échelle, mais n’échappent pas aux secousses globales. Les fonds responsables, à l’instar de Goodvest, investissent dans l’immobilier vert ou les infrastructures durables, et le MSCI World SRI sélectionne des entreprises à impact positif.

Pour mettre son épargne de précaution à l’abri, rien ne vaut les livrets réglementés : ils assurent sécurité et liquidité, même si la rémunération reste modeste face à l’inflation. Le compte à terme sécurise le capital mais bloque l’argent sur la durée. L’assurance-vie en fonds en euros conjugue protection et rendement régulier, tout en restant sensible à l’évolution des taux d’intérêt fixés par les autorités monétaires.

Quant aux crypto-monnaies (bitcoin, ethereum), elles attirent en tant que refuges alternatifs, mais leur volatilité impose une vigilance de chaque instant. Certains fonds, tels que Phocus1, misent sur les devises pour saisir des opportunités de diversification supplémentaires. L’essentiel reste de calibrer chaque choix en fonction de ses objectifs, de son appétence au risque et de sa capacité à encaisser les variations, parfois brutales.

Homme d

Éviter les pièges courants et renforcer sa confiance dans la gestion de ses investissements

Lorsque la tempête secoue les marchés financiers, le risque émotionnel grimpe en flèche. Beaucoup d’investisseurs, submergés par la panique, liquident leurs actions au plus mauvais moment ou désertent totalement les marchés. Pourtant, la gestion d’un portefeuille ne s’improvise pas. Une stratégie régulière, comme l’investissement programmé (DCA), recommandée par Nicolas Chéron, aide à garder le cap. Elle réduit l’impact de la volatilité, tout en imposant une discipline salutaire sur la durée.

Il convient de rester sur ses gardes face aux produits dérivés et aux options. Ces instruments peuvent servir de couverture, mais leur complexité et leur manque de transparence les rendent risqués pour qui ne les maîtrise pas. Même constat pour les produits structurés : séduisants à première vue, ils peuvent s’avérer peu liquides en cas de crise. La prudence doit primer, surtout pour l’investisseur non chevronné.

Certains secteurs, dits défensifs, traversent mieux les turbulences : santé, consommation de base, énergie. Des groupes comme Sanofi, Danone ou Schneider Electric font figure de remparts grâce à des modèles solides et des revenus réguliers. Mieux vaut viser une stratégie claire, fondée sur des objectifs définis et une vision durable, plutôt que de courir après la performance immédiate.

Pour renforcer sa gestion, trois principes font la différence :

  • Investir régulièrement réduit l’impact des variations brusques.
  • Privilégier le long terme permet de ne pas céder à la panique.
  • Maîtriser les produits utilisés évite bien des déconvenues.

Garder la tête froide, voilà le vrai défi. Car si la crise malmène les certitudes, elle dévoile aussi de nouveaux chemins. Parfois, c’est au cœur de l’incertitude que naissent les meilleures opportunités.