Turbulences en avion : zones où elles sont le plus ressenties
En 2022, plus de 65 000 rapports de turbulences ont été enregistrés dans l’aviation commerciale mondiale, selon l’Organisation de l’aviation civile internationale. Certaines routes aériennes présentent un risque accru, indépendamment de la saison ou de l’altitude de croisière.Les couloirs transatlantiques et les zones proches de la ceinture équatoriale figurent parmi les plus concernés, tandis que certaines régions tempérées demeurent presque exemptes de ces phénomènes. Les pilotes appliquent des protocoles spécifiques pour limiter l’impact de ces secousses sur les vols.
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Pourquoi les turbulences sont-elles inévitables en avion ?
Rien de stable une fois lancé à des milliers de mètres d’altitude. L’avion fend l’atmosphère, traverse des couches d’air dont la température, la pression ou encore le taux d’humidité varient sans cesse, c’est de là que naissent ces fameuses turbulences. Au fond, peu importe la génération de l’appareil ou la compagnie opératrice : des modèles flambant neuf comme le Boeing 737 Max ou les dernières versions d’Airbus, nul n’échappe aux secousses de l’air.
Pour mieux comprendre, voici les principaux facteurs à l’origine de ces mouvements imprévus :
- Les courants-jet, ces bandes de vents rapides en haute altitude, capables de bousculer un vol d’un bout à l’autre du trajet.
- Les cumulonimbus ou orages, générateurs de zones chaotiques souvent détectées par radar mais parfois imprévisibles et évitées à la dernière minute.
- Le sillage d’un autre appareil ou les ondes orographiques provoquées par le relief, comme au-dessus de l’Himalaya ou des Andes, qui agitent fortement la trajectoire de vol.
Autre réalité désormais surveillée : la turbulence en air clair, sans aucun nuage à l’horizon, qui secoue l’avion sans prévenir. Ce phénomène semble s’accentuer, notamment à mesure que le climat se modifie et complexifie la donne pour les équipages. Les spécialistes, dont certains observateurs de l’aviation, notent une tendance à la hausse sur les grands trajets internationaux. Toutefois, rassurons-nous : la structure des avions modernes leur permet d’absorber ces variations d’air et les pilotes, formés pour parer l’imprévu, rappellent l’intérêt de garder une ceinture bouclée tout au long du voyage. Certaines compagnies, soucieuses d’anticiper, expérimentent déjà des technologies capables de mieux prédire les turbulences et d’adapter leur trajectoire pour protéger les passagers.
Zones du globe et emplacements dans l’appareil : où les secousses se font le plus sentir
Certains itinéraires font parler d’eux pour la rudesse de leurs conditions. Parmi les routes les plus mouvementées, la traversée de l’Atlantique Nord, surtout en hiver, promet bien souvent son lot de secousses. Les vols passant au-dessus de chaînes comme les Andes ou l’Himalaya font aussi face à des turbulences orographiques, dans ces régions, l’air se trouve brassé, compressé, tordu par le relief. D’après des palmarès établis par des plateformes spécialisées, l’Argentine, le Chili, la Bolivie ou encore le Tibet et certains couloirs d’Amérique du Sud figurent régulièrement sur la liste des zones réputées agitées.
Au-delà de la trajectoire, le choix du siège dans l’appareil pèse réellement sur la sensation de ces mouvements. Plus on s’éloigne du centre de gravité, plus les oscillations sont perçues. Autrement dit, les passagers installés à l’arrière ressentent davantage les soubresauts qu’à l’avant ou sur les ailes, là où la stabilité est maximale. Vouloir minimiser l’inconfort ? Il suffit alors de s’installer dans la zone centrale, vers les ailes. Ce constat vaut d’ailleurs quelle que soit la cabine, comme le rappelle un responsable aviation interrogé sur la question.
Pour mieux illustrer ces différences, on peut résumer ainsi l’impact de la position dans l’avion :
- L’arrière du fuselage concentre la majorité des secousses ressenties.
- Les sièges au-dessus des ailes garantissent la plus grande stabilité, parfaits pour les voyageurs sensibles.
- L’avant de la cabine offre une expérience un peu adoucie, mais l’écart le plus net s’observe entre le centre et le fond de l’appareil.
Assis près des sorties de secours, on profite d’un espace supplémentaire pour les jambes, pas pour atténuer les secousses, hélas. Les sièges proches des toilettes ou de la cuisine de bord, quant à eux, s’avèrent bruyants et animés : l’inverse du calme recherché par beaucoup. En résumé, rien ne remplace la stabilité des ailes si l’objectif reste d’amortir autant que possible la turbulence.
Conseils pratiques pour mieux vivre les turbulences et voyager serein
Lorsque le vol devient chaotique, une priorité subsiste : garder la ceinture attachée, quelles que soient les circonstances. Même pendant le service en cabine, une secousse imprévue peut surgir, loin des zones orageuses classiques ou des passages connus des courants-jets. Du reste, le secteur aérien a progressé : les concepteurs d’avions multiplient les systèmes pour détecter l’air turbulent, tandis que le personnel de bord affiche une formation solide pour rassurer et agir rapidement si la situation se complique.
Anticiper au moment de la réservation est un réflexe qui paie. Beaucoup de compagnies fournissent le plan détaillé de leurs appareils, ce qui permet de choisir à l’avance une place vers les ailes, point d’équilibre de l’avion. Pour les voyageurs sensibles au mal de l’air, anxieux ou accompagnés de jeunes enfants, cette option rend le trajet nettement plus supportable. Les personnes à mobilité réduite disposent de sièges spécifiques, placés au plus près des accès essentiels, même si l’environnement sonore varie suivant la localisation.
Pour la sécurité, mieux vaut limiter tout objet volumineux en cabine : un bagage installé en hauteur peut rapidement devenir un projectile sous l’effet d’une secousse forte. Opter pour un sac compact, bien calé sous le siège, reste la solution la plus sûre. En cas de retard ou d’annulation du vol à la suite d’un épisode de turbulence marquée, il reste possible d’entamer des démarches auprès d’organismes d’indemnisation spécialisés.
Enfin, quelques gestes simples facilitent le voyage : prévoir de quoi se distraire, baisser le rythme avec une playlist apaisante, bien s’hydrater, éviter les boissons excitantes. Les compagnies, de leur côté, multiplient annonces rassurantes et attentions particulières envers les passagers inquiets ou les familles. Mieux vaut s’appuyer sur l’expertise des équipages et la technologie embarquée : même quand le ciel tangue, l’envie d’aller plus loin emporte toujours l’avion.
