Obtenir le brevet avec une moyenne de 11 : mythe ou réalité ?
Obtenir le brevet avec une moyenne de 11 suffit rarement. Le calcul des points, basé sur un système de coefficients et d’épreuves, réserve des surprises à ceux qui se fient à une simple moyenne arithmétique. Les statistiques officielles de l’Éducation nationale montrent que chaque année, des élèves avec plus de 10 sur 20 échouent à l’examen.
Les écarts de réussite varient fortement selon les établissements et les académies. Les disparités sociales et géographiques persistent. Derrière la façade d’un taux national élevé, les mécanismes d’évaluation et les inégalités de ressources scolaires continuent d’influencer les chances d’obtenir le diplôme.
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Brevet des collèges : que révèlent vraiment les taux de réussite ?
Le brevet des collèges, officiellement appelé diplôme national du brevet (DNB), occupe une place particulière dans le parcours scolaire français. Depuis 2025, la réforme a simplifié le système : désormais, tout repose sur une moyenne sur 20, issue du contrôle continu et des épreuves terminales. Exit l’ancien barème à 800 points, mais la logique d’évaluation reste touffue. Sur le papier, il suffit que la moyenne finale atteigne 10/20 pour décrocher le brevet. Pourtant, cette règle uniforme ne dit rien des disparités qui se cachent derrière les chiffres.
Année après année, les statistiques du ministère de l’Éducation nationale affichent des taux de réussite frôlant les 90 %. Ce chiffre, largement repris, laisse croire à une réussite quasi généralisée. Mais cette façade masque un paysage bien plus contrasté. Les différences entre établissements scolaires sont réelles : les collèges relevant de l’éducation prioritaire, les zones rurales ou certains territoires ultramarins ne présentent ni les mêmes profils, ni les mêmes taux de réussite que les établissements de centre-ville.
Pour mieux comprendre cette réalité, voici la diversité des profils concernés par le brevet :
- La série générale rassemble la grande majorité des candidats, avec des taux de réussite élevés.
- Dans la série professionnelle, le nombre d’admis chute, reflet de parcours scolaires plus accidentés.
- Les sections internationales ou bilingues caracolent en tête, avec des résultats nettement supérieurs à la moyenne.
La cérémonie républicaine de remise des diplômes, organisée chaque année dans les collèges, met en lumière l’effort consenti par chaque élève. Pourtant, le brevet national n’est pas obligatoire pour poursuivre ses études : lycées généraux, lycées professionnels ou CAP restent accessibles. C’est le conseil de classe qui décide de l’orientation, pas le DNB. Dans les faits, le brevet devient surtout un indicateur du niveau scolaire : un seuil symbolique, première étape nationale, dont la portée varie selon le contexte local et les moyens dont dispose chaque élève.
Obtenir le brevet avec 11 de moyenne : une réalité pour tous les élèves ?
Atteindre une moyenne de 11/20 ouvre la voie à l’obtention du diplôme national du brevet, à condition que la note finale franchisse la barre des 10. Ce principe paraît évident. Pourtant, la réalité est moins uniforme. Celui qui obtient 11 rejoint la majorité discrète, loin des projecteurs réservés à ceux qui décrochent une mention.
Le partage des points est désormais clair : le contrôle continu compte pour 40 %, tandis que les épreuves terminales pèsent 60 %. Un élève sérieux, régulier mais sans éclat, peut valider son brevet avec une moyenne modeste, à condition de ne pas flancher dans l’un ou l’autre des deux volets. Mais la situation varie selon les filières, les territoires, le suivi pédagogique. Les collèges en zone rurale ou relevant de l’éducation prioritaire affichent souvent des taux de réussite plus bas. Les ressources disponibles, humaines ou scolaires, font parfois toute la différence.
Le passage en seconde, lui, ne dépend pas du brevet : le conseil de classe tranche, indépendamment du diplôme. Il arrive que certains élèves accèdent au lycée ou au CAP sans le DNB. Pour ceux qui rencontrent des difficultés, différents dispositifs d’accompagnement existent à l’issue de la troisième. Les élèves qui en ont besoin bénéficient aussi d’aménagements, notamment en cas de handicap. Quant aux mentions, elles s’envisagent à partir de 12 de moyenne. Une moyenne de 11 permet donc de valider le brevet mais ne distingue pas le parcours, ni ne gomme les disparités entre élèves.
Comprendre le calcul des points et agir face aux inégalités scolaires
Le diplôme national du brevet se joue désormais sur 20 points, selon un barème revu en 2025. Deux volets structurent l’évaluation : le contrôle continu (40 %) et les épreuves terminales (60 %). Toutes les matières de troisième, équilibrées pour le contrôle continu, entrent en compte. La régularité au fil de l’année pèse autant que la performance lors des épreuves finales.
Pour clarifier le mode de calcul, voici comment sont attribués les points :
- Contrôle continu : chaque matière compte pour la même part, ce qui évite qu’une discipline prenne le dessus sur les autres.
- Épreuves terminales : quatre épreuves écrites (français, mathématiques, histoire-géographie/EMC, sciences) et une épreuve orale, avec des coefficients différents (français et maths, coefficient 2 ; histoire-géographie, 1,5 ; EMC, 0,5 ; sciences et oral, 2).
À cela s’ajoutent parfois des points bonus pour les enseignements optionnels : langues anciennes, langues régionales ou chant choral. Seuls les points obtenus au-dessus de 10/20 s’ajoutent, ce qui peut resserrer les écarts entre profils très variés.
Mais la répartition des points ne suffit pas à effacer les inégalités de départ. Les élèves des sections internationales, de l’enseignement agricole ou d’académies ultramarines composent avec des réalités bien différentes, où les conditions d’apprentissage pèsent lourd sur le résultat final. Les simulateurs de points, disponibles sur des plateformes comme France-examen, aident à se situer, mais n’annulent pas l’impact des différences sociales ou territoriales. Les annales corrigées, le brevet blanc ou un planning de révision sont utiles, mais leur efficacité dépend du soutien familial et du suivi pédagogique. Reste cette question brûlante : au-delà de la moyenne de 11, comment offrir à chaque élève une vraie chance de décrocher le brevet ?
